A la fin d'une année marquée par  les appels à l'action face à l'urgence climatique, je vous envoie cette note sur la signification de Maintenant, rédigée avec Isabelle Giraldo d'Emergences
Bonne Année 2020
Jean-Louis
"Agissez Maintenant! La fin du monde est proche! L’effondrement s’annonce déjà, et avec lui son cortège de catastrophes!" Ce message ne ressemble-t-il pas étrangement à celui, répété inlassablement il y a 25-30 ans à propos du sida? “Soyez sages bonnes gens! Abstenez-vous, soyez fidèles, utilisez un préservatif!” Les experts allèrent jusqu’au conseil de sécurité des Nations Unies pour avertir le monde des risques de l’inaction face à la pandémie du sida: populations décimées, déstabilisation de régions entière, migrations….
Hier comme aujourd’hui les experts se basent sur des modèles informatiques pour annoncer la catastrophe. Une anecdote à titre d’illustration? Elle se passe en 1994, à Phayao, Thaïlande, la province la plus touchée par le VIH de toute l’Asie: En juin 1992, 20% des conscrits militaires y étaient porteurs du virus. Mais depuis lors, l’épidémie régressait, et khun Suwat Lertcharantee, chargé de la surveillance épidémiologique voulait prédire quand l’hôpital provincial pourrait fermer le pavillon dédié aux malades du sida. Cependant le modèle fourni par l’OMS aux autorités sanitaires pour prévoir l’évolution de l’épidémie ne fonctionnait pas à Phayao: il n’acceptait pas les données de prévalence du VIH en baisse dans cette province. Pourquoi pas? L’OMS à Genève, consultée, a répondu que le modèle était conçu pour “sensibiliser” à l’impact catastrophique de l’épidémie….
La situation serait-elle différente aujourd’hui? Les modèles actuels tiennent-ils compte du basculement éventuel de populations entières qui renonceraient à la course à l’argent et au pouvoir pour s’orienter vers des modes de vie en harmonie avec soi, les autres et la nature? Quelles variables les modèles utilisent-ils pour capter l’effet papillon, bien connu des sociologues? L’on sait pourtant que dans une population donnée ’il “suffit” que 10 à 20% changent leurs normes de comportement pour que la culture de cette population bascule vers ces nouvelles normes.
La peur de l’apocalypse amène immanquablement à la colère, à la discrimination et à l’exclusion. Hier, c’étaient les personnes porteuses du VIH, les LGBT qui étaient discriminées. Elles le sont d’ailleurs toujours sous de nombreux aspects. Aujourd’hui la peur et son corollaire le déni du changement climatique alimentent la colère envers des catégories de personnes, telles que les jeunes activistes soucieux de leur avenir, les riches et les politiques, ou encore envers des comportements jugés inacceptables tels que prendre l’avion, manger un steak, jeter sa cigarette sur le pavé...Tous ces ostracismes contribuent à la fragmentation de la société au moment même où elle devrait s’unir pour faire face à la menace. Quelles actions suscitent cette attitude de séparation, ces sentiments de culpabilité, colère ou honte? Après des dizaines d’années d’activisme à militer “contre” avec très peu de résultats n’est-il pas temps de militer “pour” et “avec”? Que faire pour transformer cette colère en énergie positive afin d’oeuvrer ensemble à l’émergence d’une société harmonieuse?
D’abord resituer “Maintenant!”, non pas tant dans la ligne du temps, mais dans l’instant, là où ni le temps, ni le jugement n’ont d’emprise. En se libérant du temps et du jugement, des connexions profondes entre les êtres deviennent possibles. De ces connexions, une nouvelle vision du monde émerge …Libérés de nos a priori, connectés entre humains, nous pouvons mettre nos énergies au service de nos aspirations profondes. En formulant notre rêve commun, nous nous rendons compte combien nos aspirations sont communes et nous dépassons nos différences. Chacun et chacune peut alors, selon son rôle dans la communauté et dans la société agir pour progresser dans la réalisation de ce rêve commun.
Comme nous le dit Bayo Akomolafe, “il y a urgence, ralentissons!”. Prenons le temps d’avoir les conversations nécessaires et justes. Ce dont la Terre a le plus besoin “maintenant!” est un écoute profonde, alors prenons le temps de s'écouter soi, les autres et la nature. Effondrement ou monde nouveau, personne ne sait ce qui adviendra. Mais au moins quoiqu’il arrive nous pourrons dire “ Nous avons essayé ENSEMBLE.
Jean-Louis Lamboray et Isabelle Giraldo 31-12-19

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