Partage de l'expérience d'harmonisation des dialogues communautaires, Madagascar 26 sept.- 8 déc. 2015

PETITES HISTOIRES DE L'EXPÉRIENCE SALT ET CCV A MADAGASCAR 2015

Du 26 septembre au 8 décembre 2015 a eu lieu, la mission de la Constellation en rapport avec l’harmonisation des dialogues communautaires et l’accompagnement de la mise en œuvre (à petite échelle) du guide harmonisé du dialogue communautaire dans la région d’Atsimo andrefana, en appui à la campagne de lutte contre la poliomyélite à Madagascar. Une fois de plus cette expérience a conforté la conviction de l’AISBL Constellation, recrutée à l’occasion en qualité d’entité internationale spécialiste en dialogue communautaire à la suite d’un appel publique lancé par la section C4D de l’Unicef Madagascar.

Du fait de sa transversalité et du caractère générique de son processus CCV, l’approche SALT jouit d’un avantage comparatif important.  Sa capacité à cohabiter aisément avec les cultures de peuples du monde, ainsi que son adaptabilité à de thématiques diverses et variées, ont servi à rendre possible l’harmonisation des différentes approches de dialogues communautaires utilisées depuis plusieurs années par les secteurs appuyés par l’Unicef Madagascar pour la promotion de douze pratiques familiales essentielles. Cette expérience d’harmonisation est une grande première depuis qu’existe l’île de Madagascar. Tenez, à notre arrivée à Madagascar, des témoignages nous rapportés par certains prestataires  de terrain, d’origines étrangères et même certains nationaux, nous faisaient état de ce qui suit : ‘’le Malgache est un peuple culturellement conservateur. Difficile à adhérer à de conceptions innovantes, surtout lorsque s’y mêle une main étrangère. Ne vous fiez surtout pas aux apparences, car un oui prétendu devant vous, peut constituer en réalité un arbre qui cache toute une forêt de non, sous-entendus’’.

Quid du vécu sur terrain ?

La Constellation avait stimulé la constitution d’une équipe conjointe (gouvernement, Unicef et Constellation) pour l’ensemble de la mission. Repartie en deux binômes, chaque binôme a procédé aux visites d’états de lieux (observation/appréciation) des dialogues communautaires du 1er au  14 octobre 2015 dans l’arrière-pays, régions d’Anosy  (sud-est) et d’Atsimo andrefana (sud-ouest). Dans chaque région, un débriefing était organisé à la clôture des activités et une restitution générale à Antananarivo, la capitale (partage de constats relevés sur terrain). Du 19 au 22 octobre 2015, festival d’échange d’expériences et atelier d’harmonisation entre acteurs centraux et régionaux durant lesquels, la majorité de participants a reconnu le besoin de rectifier le tir : ‘’ce que nous faisions avant n’était que de la sensibilisation, loin du dialogue communautaire capable de susciter l’autodétermination du progrès des communautés. Le dialogue communautaire SALT est, ce qu’il nous faut’’. Nouvelle définition et vision commune, autoévaluation après confrontation d’approches existantes, développement du guide harmonisé de dialogue communautaire enrichi des concepts et principes SALT. Les étapes de son déroulement sont émaillées du processus CCV, adapté aux différents facteurs pré identifiés sur terrain.

Différents succès récoltés lors de la formation pratique des facilitateurs et l’accompagnement de la mise en œuvre du guide harmonisé de dialogue communautaire à Madagascar:

Atsimo andrefana au sud-ouest du pays, une région confrontée à la poliomyélite et notoirement indexée comme zone difficile à aborder. La contrainte d’ordre chronologique quant au calendrier des activités liées à la campagne de lutte contre la poliomyélite, nous accable et sommes tenus d’utiliser rationnellement le timing qui nous est imparti. Cependant, les facilitateurs en formation soulèvent deux inquiétudes : difficulté de mobiliser les communautés avec l’idée d’obtenir des rendez-vous qui se succèdent pour le dialogue communautaire (deux jours d’affilé) et abstention d’enfreindre la tradition du ‘’Fafa aloka’’. Cette tradition exige, de se munir d’une poignée d’argent à titre de rafraîchissement des participants afin de susciter l’intérêt et la participation active de ceux-ci dans le dialogue ou autre activité. Franchement, nous avions eu difficile face aux facilitateurs, avec nos tentatives de stimulation par des exemples similaires pratiques et des tactiques à titre illustratif pour dire qu’on peut pallier même à cette difficulté d’ordre traditionnel.

1.       Bingo, partout sur terrain ! à Tuléar 1 et 2, à Mangily tout comme à Sakahara dans les différents sites ci-après : Sans-fil nord, Tsianaloka, Milenaka-centre, Amboaboaka, Ankatsaka, Ankilosy, Tsiambany, Miary, Mahaboboka et Betsinjaka. Aucun dialogue communautaire SALT conduit le 20 Novembre (formation pratique) et du 23 Novembre au 2 décembre 2015 (pré et durant la campagne polio), n’a nécessité le paiement du ‘’Fafa aloka’’. Par contre, après chaque dialogue, l’intérêt de la poursuite du processus est exprimé automatiquement par les participants, eux-mêmes. D’aucuns disaient d’ailleurs: ‘’Revenez, même demain si vous le voulez’’. C’est quoi, l’astuce ? les réponses aux questions suivantes : ’Dans notre quartier ou village, une maison/case prend feu, quel serait le comportement idéal des personnes avoisinantes ?’ contribuer rapidement à éteindre le feu. ‘’Pourquoi cette attitude, alors qu’il n’est pas sûr que ce secours/risque soit payé ?’’ Le secours en ce moment est spontané et sans condition pour éviter la perte de biens et de vies humaines. Mais  aussi, prévenir le risque d’extension de l’incendie. Alors, pour nous réunir dans le but de parler du bien-être commun, notamment la survie de nos enfants, l’avenir de notre Quartier/village face aux multiples préoccupations: maladies, poliomyélite, épidémies, autres calamités, etc. Avons-nous besoin au préalable d’un rafraichissement ?...

 2.       Résolution de conflit et apaisement du climat social par le dialogue communautaire SALT :

A Mangily (Maboboka), cité péri-urbaine située à plus ou moins 90 Km de Tuléar (chef-lieu de la région d’Atsimo andrefana), après le premier dialogue SALT tenu, nous nous rendons au cabinet du Médecin chef du Centre de Santé de Base (CSB II). Celui-ci nous pose la question ci-après : pourquoi ce type de dialogue communautaire n’avait-il pas été organisé depuis 2014 (année de notification des premiers cas de poliomyélite à Madagascar) ?

Il nous a fait état de la présence présumée dans sa zone d’au moins 15 ménages appartenant à une secte religieuse réfractaire à la vaccination dont la majorité de membres ne fréquentent pas les services disponibles au CSB II. Vu l’urgence quant à l’imminence de la campagne polio, nous lui demandons d’arranger un rendez-vous avec le groupe précité pour un dialogue communautaire. Au cours du dialogue, les langues se sont déliées et a été révélé ce qui suit : La communauté, affirme appartenir à l’église Luthérienne. Qu’elle serait constituée en cellule de prière durant un temps pour protéger la concession qui les abrite, car menacée d’expropriation. De plus, les adeptes et surtout le pasteur, disent être fâchés contre le Médecin depuis la dernière campagne de distribution gratuite des moustiquaires imprégnées d’insecticide. Ils en auraient reçus moins que prévu suite aux manigances de celui-ci. Le Médecin cité, s’est saisi de l’opportunité pour apporter la lumière sur ce qui s’était réellement passé lors de cette distribution conduite par l’ONG PSI. Ainsi, les vérités croisées ont pu rétablir l’harmonie et la paix grâce à un dialogue franc. La levée des malentendus a donc contribué à l’accès des enfants cible à la vaccination contre la polio dans la suite de la campagne de vaccination et a relancé la réutilisation des services du CSB II.

  1. 3.       Raisons sociales de grogne de la population face à la vaccination des enfants lors de la campagne contre la polio à Milenaka-centre (Atsimo andrefana).

A Milenaka-centre, durant la première partie du dialogue communautaire, les participants au dialogue affirment qu’aucun enfant ne sera vacciné chez eux, sans l’information nécessaire. Ce, à cause, du mauvais comportement affiché dans leur milieu par les agents pré-marqueurs et les vaccinateurs (les universitaires venus de Tuléar, disent-ils). En effet, avant la campagne, ils leurs avaient posé de questions ci-après : Que signifient les symboles que vous marquez sur nos maisons ? Pourquoi autant de campagnes de vaccination chez nous et quelle serait l’importance de ce vaccin ? Mais, aucune bonne réponse. Ces préposés auraient répondu avec insolence en disant ceci : “nous serons payés de toute les façons, même si vous refusiez de faire vacciner vos enfants.” Grâce au dialogue SALT, il y a eu auto partage d’informations. Les informations ont été livrées par quelques enseignants du coin, présents au dialogue. Ainsi, dans le but de protéger leurs enfants, les membres de la communauté se sont eux-mêmes engagés à répandre les informations reçues. Ils ont ainsi insisté sur la nécessité du dialogue et de la communication par les services publiques ou les ONG, avant de mener toute action dans la communauté.

 

Blaise SEDOH, Laurie KHORCHI et Célicia THEYS sont co-artisans-équipiers du quatuor de coaching Europ’Afrique du périple Malgache. Tandis que, Marlou de ROUW et Dolores REYNOVA ont piloté avec dextérité les manèges de la coordination et du soutien à distance.

 P.S. La ‘’ vazahalité ’’ est très perceptible à Madagascar. Vazaha, vazaha ! Retentit quotidiennement aux oreilles à tout bout de champ. Entendez : étranger, étranger !!!

Ainsi, pour garantir l’authenticité et le bon fonctionnement du dialogue communautaire harmonisé, nous n’y paraissions pas. Nous nous limitions à la préparation et la RAE. Nos amis Malgaches de l’équipe de coaching, y prenaient part pour identifier les points forts, ceux à améliorer et tirer les leçons ensemble après chaque activité.

 

Fait à Kinshasa, le 14 Janvier 2016.

 

Jean Baby FULAMA ZANZALA

Facilitateur de la réponse locale

(RDCCompétence-Constellation)

 

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Comment by Marie Lamboray on January 29, 2016 at 5:10pm

Sharing the experience of community dialogues harmonization, Madagascar 26 September- 8 December, 2015

SMALL STORIES OF SALT AND CLC EXPERIENCE IN MADAGASCAR 2015

From the 26th September to the 8th December, 2015, the Constellation facilitated the harmonization of community dialogues, and supported the implementation (small scale) of the Harmonized guide for community dialogue in the area of Atsimo Andrefana, in the context of the campaign against polio in Madagascar. Again, this experience has reinforced the conviction of the Constellation, recruited as an international entity specializing in community dialogue following a public call by the C4D section of UNICEF Madagascar.

Due to the transversal and generic character of the CLC process, the SALT approach has a strong comparative advantage. Its ability to coexist easily with the world's cultures and its adaptability to various topics, made possible the harmonization of different approaches to community dialogues used for several years by the sectors supported by UNICEF Madagascar for the promotion of twelve essential family practices. This experience of harmonization is a first for the island of Madagascar. On our arrival in Madagascar, field officers, foreign and even some national, stated that: “the Malagasy is a culturally conservative people. Difficult to adhere to innovative ideas, especially from a foreign hand. Do not trust appearences, a ‘yes’ can actually be a tree that hides a forest implied ‘no’.

What about the field experience?

Constellation had stimulated the formation of a joint team (government, UNICEF and Constellation) for the entire mission. Distributed in two teams for the observation/assessment visits of community dialogues from 1 to 14 October 2015 in the hinterland regions of Anosy (southeast) and Atsimo Andrefana (southwest). In each region, a debriefing was held at the end of the activities and a general return to share field survey findings in Antananarivo, the capital. From 19 to 22 October 2015, took place a Learning Festival and a harmonization workshop that brought together central and regional stakeholders. During these events, the majority of participants recognized the need to rectify the situation: ''What we were doing before was awareness, far away from the community dialogue capable of generating self-determination of progress by communities. The SALT community dialogue is what we need.'' New definition and common vision, self-assessment after confrontation of existing approaches, development of a harmonized guide for community dialogue added with SALT concepts and principles. The steps of its development inspired from the CLC process are adapted to the different factors previously identified in the field.

Successes during the practical training of facilitators and the support for the implementation of the Harmonized guide for community dialogue in Madagascar:

Atsimo Andrefana, south-west of the country, is a region facing polio and known as an area where connections are difficult to make. We are required to follow the agenda of the activities related to the fight against polio campaign and rationally use the timing allotted to us. This was difficult to manage. However, the facilitators in training raise two concerns: difficulties in mobilizing communities, in getting appointments with them in this tight schedule (two days in a row) and the tradition of 'Fafa aloka'. This tradition requires to give money as for refreshments to the participants to generate interest and active participation. Frankly, it was not easy to convince the facilitators, with practical experience examples in similar situations, that we can overcome this difficulty.

1. Case closed, everywhere in the field! In Tulear 1 and 2, Mangily, Sakahara and in the following sites: Wireless north Tsianaloka, Milenaka center, Amboaboaka, Ankatsaka, Ankilosy, Tsiambany, Miary, Mahaboboka and Betsinjaka, no SALT community dialogue led the 20 November (practical training) and from 23 November to 2 December 2015 (before and during the polio campaign) required the payment of 'Fafa aloka'. In the contrary, after each dialogue, the interest for continuing the process is expressed by the participants. Some also said, ''Come back, even tomorrow if you want.'' What's the trick? The answers to the following questions: ''In our neighbourhood or village, a house/hut catches fire, what would be the ideal behaviour of surrounding people?'' quickly to help extinguish the fire. ''Why doing it, when it is not sure that this help/risk will be paid?'' The help offered at that moment is spontaneous and without conditions to avoid loss of property and human lives. But also to prevent the risk of the spread of the fire. So, to get together in order to talk about the common good, especially the survival of our children, the future of our District/Village addressing multiple concerns: diseases, polio epidemics, other calamities, etc. Do we need refreshment in advance? ...

 2. Resolving conflicts and easing the social climate through SALT community dialogue:

In Mangily (Maboboka), peri-urban area located roughly 90 Km from Tulear (capital of the region of Atsimo Andrefana), after the first held SALT dialogue, we went to the office of the Chief Doctor of the Health Centre (Centre de Santé de Base, CSB II). He asked us the following question: “Why hasn’t this type of community dialogue been held since 2014 (year of notification of the first cases of polio in Madagascar)?” 

He told us that, in the area, at least 15 households belong to a religious sect refractory to vaccination, the majority of members of this sect do not attend the services available at the CSB II. Given the urgency as to the imminence of the polio campaign, we ask him to arrange a meeting with the group for community dialogue. At the meeting, people began to talk. The community said it belongs to the Lutheran church. The community organised itself in a prayer cell for a time to protect the concession where they live, because they are threatened with expropriation. Moreover, followers and especially the pastor, say they are angry against the doctor since the last campaign of free distribution of insecticide-treated nets. They would have received less than expected because of schemings of the doctor. The latter took up the opportunity to bring light on what really happened during this distribution conducted by the NGO PSI. Thus, harmony and peace were restored through open dialogue. Clarifying the misunderstanding contributed to children's access for vaccination against polio during the vaccination campaign and the community began to use the CSB II’s services again.

3. Reasons for social discontent of the population regarding the vaccination of children in the campaign against polio in Milenaka (Atsimo Andrefana).

At Milenaka, during the first part of the community dialogue, participants say that no child will be vaccinated, without the necessary information. This was a reaction to the bad behaviour displayed by pre-markers officers and vaccinators (from the University of Tulear, they said). Indeed, before the campaign, the community asked the following questions: What do the symbols you place on our houses mean? Why so many vaccination campaigns here and what is the importance of this vaccine? But no good answer. The officers responded insolently by saying: "We will be paid in any case, even if you refuse to vaccinate your children." Information was shared by teachers of the area, attending the SALT dialogue. Thus, in order to protect their children, community members committed themselves to spread the information received. They stressed the need for dialogue and communication by public services or NGOs before conducting any action in the community.

Blaise Sedoh, LaurieKhorchi and Celicia Theys co-artisans-mates of the coaching quartet Europ'Afrique in the Malagasy journey. While Marlou de Rouw and Dolores Rey Nova managed deftly the coordination and remote support.

PS: The ‘Vazahality’ is very noticeable in Madagascar. Vazaha, vazaha! Ears rang daily at every turn. Translate: stranger, stranger !!!

To ensure the authenticity and proper functioning of the harmonized community dialogue, we did not participate in it. We confined ourselves to the preparation and the AER. Our Malagasy friends from the coaching team took part in the dialogues to identify strengths, areas for improvement and learn together after each activity.

Kinshasa, 14 January 2016.

Jean Baby FULAMA ZANZALA

Local Response facilitator

(RDCCompétence-Constellation)

Translated with the help of Google Translate

Comment by Rituu B. Nanda on January 19, 2016 at 7:33pm

Thanks Jean Baby Fulama Zanzala! I will use google translate to read your blog. Have shared it on Constellation facebook page https://www.facebook.com/The-Constellation-457271687691239/

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