Le cercle de parole est un outil merveilleux. Prenons-en soin comme l’artisan  prend soin de ses précieux outils. 

C’était à St Paul de La Réunion.  Invités par l’IREPS, nous en étions à la quatrième journée d’une semaine d’apprentissage et de partage de l’approche SALT avec des personnes engagées dans la promotion de la santé.  Nous nous étions débarrassés d’emblée de nos titres et chaque jour la pratique du  SALT nous rapprochait. La veille nous avions développé le rêve de La Réunion en bonne santé, et ce matin, nous partagions les plans d’action d’une plateforme pour la promotion de la santé.

Voilà qu’à l’occasion de la présentation d’un plan d’action  l’atmosphère se tend. Les amis réunionnais ne s’écoutent plus avec la même bienveillance. L’on sent des angoisses monter, des positions défensives sont prises sur des enjeux que Laurie et moi ne saisissons pas  bien.  Nous cherchons à introduire le bâton de parole sans introduire la pause nécessaire pour que chacun adhère aux consignes. Les interventions les mieux intentionnées ne sont pas bien comprises. Et voilà qu’une des protagonistes  se lève et quitte la salle. Pendant que les travaux se poursuivent je la rejoins et elle me dit, en pleurs : « Quel est l’avenir du SALT  si nous ne sommes mêmes pas capables de le pratiquer dans cet environnement privilégié, et si les facilitateurs ne sont pas capables d’en maintenir l’esprit dès que l’on en vient au concret ? » Bref, dit-elle, « Je ne suis plus dedans ! »

Après un temps,  la personne accepte de traverser ses émotions pour le bien de tout le groupe.

Tout le monde se retrouve en cercle. Laurie exprime son besoin de faire le calme et offre un moment de méditation. « J’inspire, j’expire…. » Le calme s’installe. Elle met ensuite un marqueur au milieu du cercle, et rappelle les règles. La personne qui souhaite parler prend le marqueur qui servira de  bâton de parole. La personne qui tient le bâton est la seule à avoir la parole. Les autres personnes restent entièrement à l’écoute. Lorsqu’elle a fini, elle remet le bâton sur le sol au milieu. Nous démarrons le cercle de parole. Les premières paroles sont pour remercier, tour à tour notre amie qui est revenue. Ensuite elle explique calmement sa perception des choses qui l’ont incitée à quitter la réunion. On sent les choses se décanter. Notre compréhension collective croît. Le groupe réfléchit aux leçons  apprises. On voit le collectif naître à partir des réflexions individuelles. Le cercle se termine. Nous en sortons renforcés. Chacun part avec ses propres leçons.

 Si les facilitateurs donnent au groupe l’occasion d’adhérer aux consignes et les font respecter avec fermeté, alors le groupe trouvera en lui-même les forces pour apprendre et grandir. 

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Comment by Marie Lamboray on March 27, 2015 at 4:11pm

Tout y est dans ton histoire!?

"Qui ?", "Que s’est-il passé ?", "Où ?", "Pourquoi ?", "Comment ?", un tournant et un message (un principe d’action sous la forme conditionnelle).

Ah ! Il manque "Quand?"    ;)

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