A Madagascar : Amicalement vôtre, le Transfert

À la fin du mois de Septembre 2015, quatre coaches de la Constellation venant des 4 coins du monde (ou presque !) ont débarqué à Tananarive pour (a priori !) six semaines d’aventure commune, en partenariat avec UNICEF Madagascar. Il s’agissait de Blaise Sedoh (Togo), Laurie Khorchi (France), Jean-Baby Fulama (RDC) et moi-même (Belgique).

Le contexte de la mission ?

UNICEF Madagascar a fait appel à la Constellation dans le cadre d’un programme de communication pour le développement (C4D) visant à renforcer et harmoniser les méthodes de facilitation du dialogue communautaire (« dialcom » dans le jargon local) mises en place à l’échelle nationale par les partenaires d’UNICEF.

Les objectifs généraux de cette mission peuvent donc se résumer comme suit :

  • Appuyer le Gouvernement de Madagascar (secteurs de la Santé, de la Protection de l’enfant, de l’Éducation, de la Nutrition et de l’Eau, assainissement et hygiène + les Ministères intersectoriels de la Communication et de la Jeunesse) et autres partenaires nationaux (dont l’ONG Search for Common Ground, SFCG) dans le développement d’un guide harmonisé de dialogue communautaire pour la promotion des pratiques familliales essentielles.
  • Renforcer les manières de faciliter les dialogues communautaires pour arriver à une autonomisation de la communauté et pour avoir un plus grand impact des actions de chaque secteur.
  • Stimuler la mise en œuvre d’une approche commune à tous les acteurs du développement communautaire à Madagascar.

Puisque toutes les histoires commencent par la fin (c’est bien connu), je vend la mèche : Jean-Baby et Laurie sont encore là-bas, suite à une extension du contrat initial pour nous permettre d’organiser un petit programme d’appui à la mise-en-œuvre du guide harmonisé dans le cadre de la campagne polio de la fin du mois de novembre.


Structuration de la Mission


Étape préalable :  concertation initiale avec UNICEF et ses partenaires ministériels du niveau central à Tananarive,

Étape 1 : Mission d’appréciation sur le terrain du dialogue communautaire tel qu’i était mené par chaque secteur (dans 2 régions du sud: Atsimo Andrefana et Anosy).

Étape 2 : Festival d’échanges à Tana pour rassembler l’ensemble des secteurs et leur permettre d’échanger leurs pratiques en la matière, d’identifier les leçons à tirer de leurs actions, d’identifier les bonnes pratiques et de développer des perles du savoir.

Étape 3 : Atelier d’harmonisation pour permettre aux différents secteurs de se mettre d’accord sur une définition commune du dialogue communautaire et du but poursuivi par celui-ci, et pour rêver à ce qu’ils souhaitaient pour les communautés Malgaches et au dialogue communautaire comme outil pour atteindre ce rêve.

La photo ci-dessus reprend ces différentes étapes. Au centre de ces étapes, un cœur : le Transfert du SALT. C’est de ceci que je souhaite parler dans cet article. Notre aventure Malgache a été un apprentissage inégalable concernant la force du transfert du SALT comme « colle forte » pour garantir le succès d’une mission.

Cet aspect a été intégré dès la proposition faite par Constellation à UNICEF lors de l’appel à projet. Les coaches ne travailleraient pas en cavaliers seuls, comme des consultants venant observer une situation et offrir leur expertise. Non, nous serions accompagnés pendant l’ensemble de la mission par des représentants C4D d’UNICEF, ainsi que par des représentants de chacun des Ministères partenaires principaux (à savoir les Ministères intersectoriels : Jeunesse et Sports et Communication et relations avec les Institutions).

Transfert lors de la Mission d’Appréciation sur le terrain

Suite aux concertations UNICEF avec l’équipe C4D et les Ministères intersectoriels, ce que nous appellerons bientôt la « grande équipe » a été formée. Elle se divisera en deux pour la mission de terrain.

A Anosy, nos coaches Laurie et Jean-Baby seront rejoints par Fara du Ministère de la Jeunesse et des Sports, Sammy du Ministère de la Communication et des relations avec les Institutions, et Hoby d’UNICEF.  A Atsimo Andrefana, Blaise et moi-même accueillerons avec joie Jean Modeste (appelé Modeste) du Ministère de la Communication, Vanou d’UNICEF et Santatra du Ministère de la Jeunesse.

Ces dix premiers jours ont, je pense, été décisifs dans l’installation d’une relation profonde, amicale et franche avec nos partenaires, et c’est cette amitié qui a fait toute la différence pour le reste de la mission.

En amont, l’équipe de coaching avait passé du temps à réfléchir aux différentes manières de transférer le SALT à notre « grande équipe » durant cette phase. Nous avons préparé un document schématique reprenant le mode de pensée (SALT) et la manière de travailler (CLCP) de la Constellation, et avons passé du temps, avant notre première rencontre sur le terrain, à échanger autour de la posture appréciative du facilitateur, cette idée de révéler les forces en présence dans un groupe, le rêve, et toutes les autres étapes du processus. Nos amis étaient intrigués.

Nous avons également utilisé un nouvel outil, conçu pour l’occasion, qui devait permettre aux deux équipes d’avoir une même grille de lecture de ce qu’ils observaient sur le terrain, et de se focaliser sur les mêmes points. Nous l’avons baptisé « grille d’appréciation ». Ainsi, nous faisions particulièrement attention à la facilitation en elle-même, à l’engagement des acteurs communautaires et de la communauté elle-même, à l’aspect thématique, et à l’aspect rapportage/monitoring&évaluation, avec des critères de qualité pour chaque point. L’idée était de, tout d’abord, observer chaque dialogue, et apprécier le travail des acteurs communautaires (AC). Dans un deuxième temps, nous proposions à la communauté de former un petit groupe et aux AC d’en composer un autre, et notre équipe se divisait en deux pour mener une discussion appréciative avec eux, pour en apprendre plus sur le processus utilisé, la préparation, les éventuelles actions menées par les communautés, la relation entre AC et communauté, etc.

Au cours d’une dizaine de jours, nous avons commencé par rencontrer les démembrements régionaux de chaque secteur (Éducation nationale, Protection de l’enfant, Nutrition, Santé, Eau, assainissement et hygiène) ainsi que l’équipe de Search for Common Ground (SFCG- ONG spécialisée dans la transformation de conflits et active dans la mobilisation sociale, partenaire d’UNICEF Madagascar), et un groupe d’ONGs actives dans la mobilisation sociale dans la région. Ensuite, nous sommes partis en brousse et sur la côte pour observer des acteurs communautaires en action, facilitant des dialogues communautaires sur divers sujets.

Chaque visite se préparait en grande équipe, et après chaque visite, nous faisions une « Réflexion Après Expérience » en équipe également. Dès le départ, nous avons observé un enthousiasme certain  chez nos amis, et petit à petit, ils posaient des questions appréciatives, amenaient nos interlocuteurs à parler de leurs passions, de leur engagement, des défis rencontrés, des réalités auxquelles ils faisaient face (plutôt que des « problèmes »), etc. Les RAE étaient profondes et pleines de remise en question, et, en marge des moments strictement de « travail », nous partagions de plus en plus avec nos amis concernant leurs aspirations pour le développement du pays, et ils nous questionnaient sur le processus et son application dans le monde. Une amitié solide est née, petit à petit.

Je me souviens d’un moment particulièrement beau au regard du transfert. Nous étions à Ambohimavelona, magnifique village de brousse, assis sous le « kili » (le tamarinier, arbre à palabres traditionnel) avec les « alliés mobilisateurs » (nom donné par le secteur de la protection de l’enfant à leurs facilitateurs).

Nous avions remarqué une difficulté. Au départ, ils étaient venus pour parler de grossesse précoce. Ils ont commencé par demander à l’assemblée « avez-vous des problèmes de grossesse précoce ici ? ». Les participants ont répondu « Nous, non, rien, rien du tout ! ». Alors les mobilisateurs, après quelques secondes d’hésitation, ont dit « Bon, d’accord, alors nous allons parler de l’éducation ». Or, à quelques mètres seulement de là, se trouvaient plusieurs très jeunes filles avec de jeunes enfants à leur sein ou sur leurs genoux. Au moment de discuter avec es mobilisateurs, donc, nous abordons cette question : « aviez-vous remarqué la présence de ces jeunes filles ? » et eux de répondre  « Mais c’est impossible de parler de ça, vous savez ici il y a beaucoup de choses dont on ne parle pas, des tabous, on ne veut pas parler des problèmes, et si on avait insisté on aurait eu des problèmes nous-mêmes ! ».

Là, je glisse « et si vous leur aviez demandé quelles étaient leurs aspirations pour le village et les jeunes du village plutôt que de rentrer de front dans les problèmes, qu’est-ce qui aurait pu se passer selon vous ? ». Là, je sens un grand enthousiasme s’élever de mes deux partenaires, qui ont les yeux brillants. C’est Modeste qui prend la parole : « Oui, imaginez comme ce serait formidable de leur demander leur rêve pour le village et pour ses enfants, les faire parler de leurs aspirations, pour ensuite après revenir à leur situation actuelle et dire ‘donc, par rapport à ce rêve-là, où en sommes-nous aujourd’hui ?’. Là, on pourrait soulever des choses que l’on voit comme ces jeunes filles, et aborder la grossesse précoce comme un obstacle possible au bonheur des jeunes et des enfants et au développement du village, et donc quelque chose sur lequel nous devons et pouvons agir ». Santatra rentre également dans la discussion, et finalement la conversation s’emballe tellement que, comme souvent dans ces cas-là à Madagascar, nos amis se mettent à parler Malgache. Ils m’expliqueront par après qu’ils s’étaient rendu compte de l’importance de trouver un terme exact pour traduire le « rêve » tel qu’on l’entendait en Malgache, afin que ce soit audible par tous. Les mobilisateurs repartent manifestement affectés par ce qui a été partagé, et déboussolés aussi, mais une graine a été semée, et dans le cœur de nos co-facilitateurs Malgaches, c’est un vrai arbre salé qui est en train de pousser !

Une autre superbe occasion de transfert s’est présentée lors de notre rencontre avec les JPE (« jeunes pairs éducateurs ») de la Maison des Jeunes de Tuléar.

Nous avions déjà rencontré les jeunes une première fois, et avions assisté à une « discussion participative », l’équivalent du « dialcom » pour le Ministère de la Jeunesse. Cependant, nous avions entendu parler d’activités de « théâtre pour le développement » mises en place par le Ministère, et étions curieux d’en apprendre plus à cet égard, ayant compris que de nombreux jeunes participaient à ces activités. Finalement, la réalité était tout autre : dans la 30aine de jeunes présents, seuls 2 ou 3
 s’étaient déjà adonnés au théâtre, et pas dans le cadre du théâtre pour le développement. Mais nous étions là, et Blaise à magnifiquement saisi l’opportunité pour proposer aux jeunes une après-midi « rêve ».

C’était superbe ! Quelques animations pour se mettre dans le bain, puis nous leur proposons de se mettre en petits groupes et de partager ensemble leurs rêves et aspirations personnelles, puis (n’étant pas équipés pour les faire dessiner), de voir ce qui résonnait entre chaque histoire et de présenter à l’ensemble, de manière créative, le rêve du groupe. Les résultats étaient magnifiques ! De manière assez incroyable, ce qui était au départ des aspirations individuelles (on ne leur a pas demandé de réfléchir pour leur ville mais bien pour eux-mêmes) s’est naturellement mué en aspirations pour leur monde, celui dans lequel ils évoluaient et sur lequel ils pouvaient agir. D’aucuns ont présenté, à travers un théâtre silencieux, leur envie de créer des radios jeunesse pour parler de sujets propre aux jeunes et se soutenir, d’autres nous ont symbolisé la force du leadership, l’importance de l’éducation et du soutien des amis… 

Ils étaient naturellement et férocement engagés, une force vive magnifique pour leur communauté et leur pays ! Lors du partage à la fin de la journée, au moins une 10aine d’entre eux a décrété qu’ils utiliseraient cet exercice lors de leurs propres animations, car cela ouvrait beaucoup de portes lorsque l’on partait des motivations personnelles et collectives. Un coup de transfert- improvisé ! Bravo « grand-père qui a gardé la jeunesse de cœur », comme les jeunes ont baptisé Blaise.

Transfert lors des Ateliers

De retour à Tananarive après ces deux petites semaines en province, nous avons préparé conjointement les ateliers, ce qui a occasionné de nombreux et profonds débats sur le cœur et la forme de l’approche SALT et permis de clarifier certains points.

Les ateliers eux-mêmes ont été quelque peu « rock’n’roll » dans le sens ou il nous a été demandé de faire preuve d’une grande adaptabilité et créativité pour répondre aux précisions données par notre partenaire au fur et à mesure que sa compréhension du processus avançait. Je ne m’étendrai pas là-dessus, car cette adaptation sera je pense le sujet d’un autre article !

Toujours est-il que, dans ce contexte, l’appui de nos amis  de la grande équipe était indispensable, et ils ont véritablement joué un rôle de facilitateurs pendant les 4 jours d’ateliers. De un, il y avait le problème de la langue, qui faisait que lorsque nous vazahas (« étrangers » en Malgache) nous exprimions, il fallait toujours une traduction derrière pour être aussi inclusifs que possible, donc c’était un gain de temps énorme que nos amis modèrent directement certaines plénières pour assurer la compréhension de tous et la fluidité.

Au-delà de la traduction littérale, il s’agissait également de traduction symbolique. Nos amis, enthousiasmés par l’approche et persuadés de son intérêt pour leur pays, ont ainsi pu exprimer avec des images et une précision langagière importante, le fond du changement de regard et l’intérêt de celui-ci.

Je pense notamment à Vanou, qui a passé une bonne demi-heure à stimuler les participants pour qu’ils se mettent d’accord sur un terme équivalent à « dialogue communautaire » (selon la nouvelle compréhension harmonisée) en Malgache. Ou encore Sammy, qui a insisté sur l’importance de distinguer entre « communauté géographique » et « communauté de vie », car les deux termes ont des ramifications sociales et historiques dont n’aurions jamais pu deviner l’ampleur sans leur intervention. C’est aussi Sammy qui a eu le « discours de la fin », et a invoqué les images de la fourmilière et de la ruche pour rappeler à chacun l’importance de déceler et mettre à profit les forces de chacun au service de la communauté.

Très pratiquement également, vu le nombre de participants (plus de 65), nous pouvions difficilement nous en sortir à 4 pour faciliter dans les groupes, sans parler du problème langagier. Ce sont donc nos amis qui assuraient principalement la facilitation en petits groupes, ce qui libérait au moins l’un d’entre nous pour être « volant ».

Et aujourd’hui, qui sont les « moteurs » du SALT « made in » Madagascar ?

Devinez? …

Nos amis de la grande équipe :) évidemment ! Le SALT se veut être une approche humaine, quoi de plus normal, dans ce cas-là, qu’elle transite principalement à travers des relations d’humain-à-humain, amicales et informelles.

Aujourd’hui, au-delà des partenariats formels, une nouvelle étoile s’est allumée à Madagascar, et se sont nos amis qui l’alimentent- et qui comptent bien sur nous pour leur prêter main forte ! Les possibilités sont infinies, à conjuguer au gré des affinités et des besoins de chacun.

Les leçons apprises

  • Si nous impliquons nos partenaires de près à chaque étape de notre mission, nous facilitons leur appropriation progressive de l’approche.
  • Si nous nous présentons comme humains, accessibles et vulnérables, nous donnerons à nos partenaires l’opportunité de faire de même, et renforcerons ainsi nos liens d’humain-à-humain.
  • Si nous stimulons progressivement l’appropriation de l’approche par nos partenaires, alors ils prendront de plus en plus d’initiatives dans la facilitation.
  • Si, lorsque nous sommes face à des contraintes langagières, nous acceptons de lâcher le « contrôle » de la facilitation, alors nous encourageons nos partenaires à s’installer dans leurs rôles de facilitateurs. 

Misaotra (merci en Malgache) les amis !!! 

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Comment

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Comment by Rituu B. Nanda on January 12, 2016 at 2:48pm

Thanks for this posting Celicia. Loved the pictures too! Another learning I have is that engaging stakeholders as early as possible leads to greater engagement.

Marie, many thanks for translation of this blog. Appreciate it very much. I was struggling with google translate especially the title. I still can't figure it out. 

Comment by Marie Lamboray on January 12, 2016 at 1:26am

Translation:

At the end of September 2015, four coaches of the Constellation from the 4 corners of the world (or almost!) landed in Antananarivo for (presumably!) six weeks of joint venture, in partnership with UNICEF Madagascar: Blaise Sedoh (Togo), Laurie Khorchi (France), Jean-Baby Fulama (DRC) and myself (Belgium).

 

The context of the mission?

 

UNICEF Madagascar called upon the Constellation to strengthen and harmonize methods for facilitating community dialogue ("Dialcom" in local parlance)put in place nationwide by UNICEF partners in the context of a program of communication for development (C4D).

 

The general objectives of this mission can be summarized as follows:

  • Support the Government of Madagascar (sectors of Health, Child Protection, Education, Nutrition and Water, Sanitation and Hygiene + intersectoral Ministries of Communication and Youth) and other national partners (including the NGO Search for Common Ground, SFCG) in the development of a harmonized guide of community dialogue for the promotion of essential familial practices.
  • Strengthen ways to facilitate community dialogues to reach community autonomy and give  greater impact to the actions of each sector.
  • Boost the implementation of a common approach for all community development stakeholders in Madagascar.

 

Because all the stories begin with the end (it is well known), I spills the beans: Jean-Baby and Laurie are still there, following an extension of the initial contract to allow us to organize a small support program to the implementation of the harmonized guide during the polio campaign at the end of November.

 

Structure of the Mission

 

Preliminary step: initial consultation with UNICEF and its partners in the central government in Antananarivo.

 

Step 1: Field mission to appreciate each sector’s way to facilitate community dialogue (in two southern regions: Atsimo Andrefana and Anosy).

 

Step 2: Knowledge Festival in Tana to gather all sectors and allow them to share their practices, identify lessons from their actions, identify best practices and develop Knowledge Assets.

 

Step 3: Harmonization workshop to enable various sectors to agree on a common definition of community dialogue and the aim pursued by it, and to dream of what they wanted for Malagasy communities with community dialogue as a tool to achieve this dream.

 

The picture above shows these steps. At the center of these steps, a heart: Transfer of SALT. That is what I wish to speak of in this article. Our Malagasy adventure was an incomparable experience to learn about the strength of the transfer of SALT as "glue" to ensure the success of a mission.

 

This aspect has been integrated in the proposal made by Constellation to UNICEF at the call for projects. The coaches would not work alone, as consultants observing a situation and offering their expertise. No, we would be accompanied during the whole mission by representatives of UNICEF C4D, as well as by representatives of the Ministries of each main partner (i.e. inter sectoral Ministries: Youth and Sports and Communication and Relations with Institutions).

Transfer during the field Appreciation Mission

 

Following consultations with the UNICEF C4D team and inter sectoral Ministries, what we would soon call the "great team" was formed. It was divided in two for the field mission.

At Anosy, our coaches Laurie and Jean-Baby were joined by Fara of the Ministry of Youth and Sports, Sammy of the Ministry of Communication and Relations with Institutions and Hoby of UNICEF. At Atsimo Andrefana, Blaise and I welcomed with joy Jean Modeste (called Modeste) of the Ministry of Communication, Vanou of UNICEF and Santatra of the Ministry of Youth.

 

The first ten days were, I think, instrumental in the installation of a deep relationship, friendly and frank with our partners, and it is this friendship that has made all the difference for the rest of the mission.

 

Upstream, the coaching team had spent time thinking about the different ways to transfer SALT to our "great team" during this phase. We prepared a schematic document containing the way of thinking (SALT) and the way of working (CLCP) of the Constellation, and spent time before our first meeting in the field, to discuss about the appreciative attitude of the facilitator, this idea of ​​revealing the strengths present in a group, the dream, and all other process steps. Our friends were intrigued.

 

We also used a new tool, designed for the occasion, which allowed both teams to have the same reading grid of what they observed on the ground, and to focus on the same points. We call it "appreciation framework". So we paid special attention to facilitation, to ownership of community stakeholders and of the community itself, to the thematic aspect and to reporting / monitoring and evaluation, with quality indicators for each point. The idea was, first of all, to observe every dialogue, and appreciate the work of community actors (CA). Secondly, we proposed to the community to form a small group and to the AC to form another, and our team was divided into two to facilitate an appreciative discussion with them, to learn about the process used, the preparation, any actions led by the communities, the relationship between AC and the community, etc.

 

During the first ten days, we started by meeting with regional branches of each sector (Education, Child Protection, Nutrition, Health, Water, Sanitation and Hygiene) and with the team of Search for Common Ground (SFCG- NGOs specializing in conflict transformation and active in social mobilization, partner of UNICEF Madagascar), and a group of NGOs active in social mobilization in the region. Then we went into the bush and along the coast to observe community actors in action, facilitating community dialogues on various topics.

 

The “great team” prepared each visit, and, after each visit, we did an "After Experience Reflection" (AER) together. From the beginning, we observed some enthusiasm among our friends, and little by little, they asked appreciative questions, brought interviewees to talk about their passions, their commitment, the challenges, realities they faced (rather that "problems"), etc. AER were deep and full of challenging questions, and when we were not strictly "working", as time passed, we shared more with our friends about their aspirations for the development of the country, and they questioned us about the process and its application in the world. A strong friendship is gradually born.

 

I remember a particularly beautiful moment in terms of transfer. We were in Ambohimavelona, ​​beautiful village in the bush, sitting under the "Kili" (tamarind, traditional palaver tree) with "mobilizing allies" (name given by the child protection sector to their facilitators).

Here is what we noticed. Initially, they had come to talk about early pregnancy. They started by asking to the community: "Do you have any early pregnancy problems here?" Participants responded: "Us, no, nothing, nothing at all!" So mobilizers, after a few seconds of hesitation, said "Well, okay, so let's talk about education." However, only a few meters away, were several young girls with young children at their breast or on their knees. When discussing with the mobilizers, we therefore, we address the question: "Did you notice the presence of these girls?" And they answered: "But it's impossible to talk about that, you know here there are many things we do not talk about, taboos, we do not talk about problems, and if we insisted we would have had problems ourselves!"

 

There, I slide: "And if you asked them what their aspirations are for the village and the village youth rather than tackle problems head-on, what do you think might have happened?" There, my partners’ eyes brightened and I felt their enthusiasm growing. Modeste speaks: "Yes, imagine how great it would be to ask them their dream for the village and for their children, get them to talk of their aspirations, then return to their current situation and say: “So, compared to that dream, where are we today? “ Then we could raise observable issues as these girls, and address teenage pregnancy as a possible obstacle to the happiness of youth and children and to the development of the village, and therefore something on which we can and must act." Santatra enters the discussion, and the conversation gets so much carried away that, as it is often in the case in Madagascar, our friends begin to speak Malagasy. They explained to me afterwards that they had realized the importance of finding the right word to translate "dream" so that it can be understood by all. Mobilizers leave clearly affected by what has been shared and disoriented too, but a seed was sown, and in the heart of our co-facilitators Malagasy, it is a true SALTy tree that is growing!

 

Another great transfer opportunity came when we met with the JPE ("youth peer educators") of the Youth Center of Tulear.

 

We had already met the young once, and had attended a "participatory discussion", the equivalent of "Dialcom" for the Ministry of Youth. However, we had heard about the activities of "theater for development" implemented by the Ministry, and were curious to learn more in this regard, having understood that many young people were involved in these activities. It turned out that the reality was quite different: only 2 or 3 of the 30 youths present already did some theater, not in the context of theater for development. But we were there, and Blaise beautifully took the opportunity to offer young people a "dream" afternoon.

 

It was superb! Some animations to get things under way, and then we offer them to get into small groups and share their personal dreams and aspirations, and (not being equipped to make them draw) to see what resonated between each story and present to the others, creatively, the dream of the group. The results were amazing! Incredibly enough, what began as individual aspirations (we did not ask them to think for their city but for themselves) has naturally turned into aspirations for their world, the world in which they lived and upon which they could act. Some have introduced, through a silent theater, their desire to create youth radios to talk about subjects specific to youth and to support each other, others have symbolized the strength of leadership, the importance of education and of support of friends...

 

They were naturally and fiercely committed, a vital force for their community and their country! When sharing at the end of the day, at least 10 of them declared that they would use this exercise at their own animations because, when we start from personal and collective motivations, it opens many doors. An improvised Transfer! Congratulations "grandfather who kept youth of heart", as the young people called Blaise.

 

Transfer during Workshops

Back in Antananarivo after two short weeks in the provinces, we jointly prepared the workshops, which stimulated many deep discussions on the heart and form of SALT and clarified certain points.

The workshops themselves were somewhat "rock'n'roll" in the sense that we were asked to show great adaptability and creativity to meet clarifications provided by our partner gradually as its understanding of the process progressed. I will not dwell on that, because I think that adaptation is the subject of another article!

 

Still, in this context, the support of our friends in the great team was essential, and they really played a facilitating role during the four days of workshops. For one, there was the language problem. When we vazahas ("foreigners" in Malagasy) talked, a translation was always needed to be as inclusive as possible, so it was a huge time saver that our friends directly moderated some plenaries to ensure understanding of all and fluidity.

 

Beyond the literal translation, symbolic translation was also needed. Our friends, excited by the approach and confident of its relevance for their country, were able to express with images and a significant linguistic precision, the meaning of the change of way of thinking and its implication.

 

I think of Vanou, who spent a good half hour to stimulate participants to agree on an equivalent term for "community dialogue" (according to the new harmonized understanding) in Malagasy. Or Sammy, who stressed the importance of distinguishing between 'geographical community’ and ‘community of life’ because the two terms have social and historical ramifications, the scale of which we would never have guessed without their intervention. Sammy also did the "closing speech", invoking images of the anthill and the beehive to remind everyone of the importance of detecting and leveraging the strengths of each to serve the community.

 

Very practically, given the number of participants (over 65), the four of us could hardly facilitate in groups, not to mention the language problem. So our friends mainly ensured the facilitation in small groups, freed at least one of us to be "flying".

 

And today, who are the "engines" of SALT "made in" Madagascar?

 

Guess? ...

 

Our friends from the great team :) of course! SALT is intended as a human approach, it is only natural, in that case, that it is channelled mainly through human-to-human, friendly and informal relationships.

 

Today, beyond the formal partnerships, a new star has lit in Madagascar, and our friends nourish it and count on us to lend a hand! The possibilities are endless, to be combined the liking affinities and individual needs.

 

Lessons learned

 

  • If we involve our partners closely at every stage of our work, we facilitate their gradual ownership of the approach.
  • If we present ourselves as human, accessible and vulnerable, we will give our partners the opportunity to do the same, and thus strengthen our human to human relationships.
  • If we stimulate progressively ownership of the approach by our partners, then they will take more and more initiatives in facilitating.
  • If, when we face language constraints, we accept to let go of the "control" of facilitation, then we encourage our partners to settle into their roles as facilitators.

Misaotra (thank you in Malagasy) friends !!!

Comment by Marie Lamboray on December 9, 2015 at 4:28pm

Quel magnifique rapport, Célicia! Merci

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